Si

Si la poésie était le dernier recours,
Quand le monde est à la dérive,
Les mots volant à son prompt secours,
Trouveraient assurément leur rive.

Si l’amour était pur et sincère,
Quand le monde n’est que mensonge,
Les cœurs amarrés à terre,
Sortiraient tous de leur songe.

Si c’était là notre unique arme,
Quand il n’y a plus d’espérance,
Poésie et Amour, par le charme,
Vaincraient la colère et l’offense.

Un jour d’été

Lire… attente

Tout autour calme, calme tout autour.

Timide, le soleil balayait l’horizon.
Brillances moirées, au loin, aperçues et oubliées.
Un bar, un peu désert, aboyait des échos virils
Plongée volontaire dans une lecture forcée, l’attente à la main.

Tout autour calme, calme tout autour.

Les mots enfouis pénétraient le silence, les virgules, les espaces.
Sur le pont, le sel léchait inlassablement des corps immobiles.
Le temps suspendu balançait ses refrains.
Inaltérable moment d’un hasard indistinct.

Tout autour calme, calme tout autour.

Flottant dans l’aphonie des pensées,
Seuls les clapotis émoussaient par leurs soupirs le paisible instant.
Sens étouffés, clabordant, assourdis par des vagues inlassables.
Cris joyeux noyés dans les ondes mouvantes
Répétant, opiniâtres, un roulement infini.

Tout autour calme, calme tout autour.

Un jour d’été.