À propos

« Les rêveries de Susanna » sont les réflexions poétiques d’un ancien professeur que l’âge a débarqué sur les rivages plus calmes de la retraite.
 
J’ai passé ma vie à semer des questions dans l’esprit des autres ; aujourd’hui, c’est mon propre jardin que je cultive avec la même patience. Je marche lentement parmi les allées de l’âme humaine, m’arrêtant longuement devant ses fleurs les plus éclatantes comme devant ses ronces les plus discrètes. 
Je sais désormais que les qualités et les défauts poussent souvent sur la même tige, entrelacés comme des amants inséparables.
 
Le monde continue de m’habiter. La politique, les passions collectives, les grandeurs et les misères de notre espèce me traversent encore, telles des marées lentes et obstinées. Je les observe avec une curiosité douce, un peu amusée, un peu émue, comme un vieux gardien de phare qui connaît la mer par cœur mais s’étonne toujours de ses caprices.
 
Mon esprit, ce vieux compagnon infatigable, parfois patient ou buté mais souvent bouillonnant, refuse de se rendre et d’occuper le silence. Durant mes nuits (souvent blanches),  il allume sa bougie vacillante et reprend un long dialogue intérieur, jamais interrompu : « Comment l’homme peut-il être à la fois si fragile et si résistant, si égoïste et si généreux ? » « Pourquoi est-il capable d’allumer cent mille lumières, d’atteindre le génie, mais pourquoi aussi est-il prompt à les éteindre pour n’embrasser que l’obscurité ou l’horreur? » «Qui sommes-nous, sommes-nous seuls dans l’univers? » « Ce monde, est-il le meilleur des mondes possibles? » Ne pouvant répondre à aucune de ces questions, j’ai adopté la solution de Candide : je cultive mon jardin. Alors j’écris des textes poétiques, mes réflexions philosophico-existentielles, je les garde pour moi ou les partage avec des amis. 

Je tends des mots comme des filets de pêcheur d’étoiles, espérant attraper ne serait-ce qu’un reflet de vérité, un éclat de beauté, ou simplement le sourire discret que l’on s’adresse à soi-même quand on reconnaît enfin ses propres contradictions.
 
Sur ce blog, vous ne trouverez ni certitudes tranchantes ni jugements sévères, vous y trouverez ce que j’aime ou ce que je réprouve, parfois le regard tendre et légèrement moqueur d’un ancien professeur devenu élève émerveillé de la vie, qui continue d’apprendre, de s’étonner, et de rire doucement de lui-même.
Bienvenue dans mon petit jardin intérieur. Les fleurs y sont imparfaites et les herbes folles y poussent librement, alors je vous y invite tous. 

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