Matines


La maison est calme, elle respire.
La fraîcheur glisse par les fenêtres grandes ouvertes.
À l’orée du jour, les chouettes hululent en s’envolant.
Seuls Georgy et Guidéon, les coqs, lancent leurs cris de victoire.


La maison est silencieuse, elle écoute.
Dans les troènes, les oiseaux s’animent :
bergeronnettes, éternelles pipelettes,
étourneaux et pinsons en légers tourbillons.

La maison se réveille, elle parle.
Une mouche s’agace, vrombit contre la vitre.
Une irrésistible odeur de café l’enveloppe et l’active.
Tout semble possible ce matin

Aquarelles dans ses pensées


Les feuilles bruissent alors, dorées au soleil, dans le firmament touffu
Jouant à perdre haleine sur les dunes de ses pensées

Magicienne de l’infime

Aurore Janon 2021 Rouge gorge blessé

Elle sait trouver le regard et le geste
Apaisante, elle parle en silence

Elle contemple et dans ses yeux déjà s’animent les pinceaux
Elle observe, émerveillée, la beauté de l’infime, du détail

Elle trouve le volume, la couleur et la forme
Elle donne vie aux objets, à la densité de leur âme

Elle traduit dans le geste le souffle du vivant
Et reproduit l’inexprimable sur la toile

Quand moineau blessé, je gisais dans l’abîme,
Elle a pu, sans paroles, peindre en bleu mon ciel gris.

Silence


Elle peint