Longtemps attisé, le feu se mélange à la cendre
Sans trouver le chemin du ciel
Spires sans volutes, volupté de l’espace.
Libérer, liberté, sève du cotonneux désir
Plonger des racines dans un sol sans mouvance.
S’ancrer finalement!

Longtemps attisé, le feu se mélange à la cendre
Sans trouver le chemin du ciel
Spires sans volutes, volupté de l’espace.
Libérer, liberté, sève du cotonneux désir
Plonger des racines dans un sol sans mouvance.
S’ancrer finalement!

S’il lui fallait retrouver ce point évanescent où l’horizon ne semble qu’une ligne ininterrompue dont le regard n’embrasse qu’un mince étirement, suspendue dans un flottement incertain, elle vous regarderait, interdite, alors que l’émotion naissante la gagnerait tout entière.
Comment espérer qu’elle pût se l’avouer et infléchir ainsi un destin par trop funeste?

Dans le brouillard de mes souvenirs
Nous marchions, heureux et insouciants.
Des enfants, déguisés, s’égayaient en courant.
L’avenir s’ouvrait à nous, radieux et souriant
Devant nos yeux éblouis, l’amour nous enlaçait, puissant.
La fraîcheur, nous pénétrait en ce mois de février
Où seuls nos baisers semblaient nous réchauffer
Que n’aurais-je donné pour que cet instant dure une éternité !
Le Ponte Vecchio embrassait notre curiosité
De la vie, de l’amour et de toutes ces pensées
Qui nous reportaient à Dante et à ses amants damnés,
Paolo et Francesca dans le tourbillon de leur passion,
Comme un prélude du destin où nous nous acheminions.
L’éclair retentit. Dans un bain de poussière suspendue, il suffoquait.
Brillance mouvante, éternelle et insensée qui tournoyait sans relâche dans la tourmente sans fin de mes pensées nocturnes; il est là.
Pourquoi le convoquer à ma mémoire vacillante et faillible? Pourquoi retracer ses traits, sa chair et ses mots; il n’est plus.
Parti, alors que dans un délire verbal, il éructait des mots aux sons rauques parfois âpres, insoucieux de l’espace où la lumière tourbillonnait, vrombrissant telle une étoile en délire.
Il n’est plus.
Comme ce soir-là à Guéret
Migrations émigrées, elles passèrent sous ma fenêtre hier fumées d’hirondelles qui volaient en tourbillon. Le ciel assombri semblait les accompagner dans leur voyage vers l’ailleurs. Je regardais émerveillée le ballet incessant qui s’organisait sans jamais faillir. Les hommes n’ont pas cette habileté… Lourds et obtus ils évoluent sans grâce car leur chair les retient à la terre.
Évanescence, sentiment d’étrangeté et mouvance. Le monde évolue sans cesse et laisse sans répit, le cœur oublié qui repose sans dormir.
Il vous regarde ébahi dans le choc de l’évidence. Le monde est parfait dans son cycle d’enfer et l’homme imparfait désire seulement s’en emparer. Les idées noires sombrent dans l’abime emportées par le tourbillon de la fin. Jamais, sans espoir. Noir est l’oubli.