Il tambourine chaque jour à la fenêtre
Acharné dans sa lutte contre lui,
S’évertuant dans une danse où ses pas s’enchevêtrent,
Voletant, s’enfuyant mais revenant toujours vers lui.
Il tambourine depuis des jours déjà,
Épuisé, las, mais jamais défait.
Cette danse qui le mène au trépas,
Jamais, au grand jamais, ne le satisfait.
De son bec, il lance, téméraire, un défi
Á celui qui le nargue toujours,
Ne lui laissant pourtant aucun répit
Dans le duel dont le prix est l’amour.
Sa fiente, sur la vitre, il déjecte
Orgueilleux et gonflant sa poitrine
Il défie l’autre, l’odieux rival, l’abject
Celui, narquois, qui toujours le fascine.
Quand finira donc cette lutte impavide ?
Lui, l’amoureux, l’aimant, l’intrépide
Se rendra-t-il finalement compte
Que c’est son reflet qu’il confronte.

