L’horloge

Une horloge qui parle et scande les moments
Elle s’adresse au temps inexorable et puissant
Elle s’exprime, oubliée dans l’enchantement,
Nous disant que désormais, voilà, il est temps.

Sur de nouvelles rives il faut aller
Lever les amarres, apprêter le voilier
Chercher au plus loin ce qui n’existe pas
Et que jamais, au grand jamais on ne trouvera.

S’agit-il de cet ailleurs dont on ne parle pas
De peur que soudain, il ne nous engloutisse
Et nous jette sans égard dans le précipice
D’un oubli qui ressemble au trépas.

Vaines pensées, sous le front soucieux et avisé
D’un destin sans accroc d’un monde oublié
Que la foule, insouciante et vorace
Suit sans détour, comme un chien suit sa trace.

Le silence

Le silence m’entoure et m’étreint
Il se pose sur ma main
Qui le caresse sans résistance
Comme un train en partance.

Mièvre est ce jour qui déverse en moi
Les débats d’un éternel émoi.

Et pourtant le versant du coteau
N’apporte nulle lumière
Dans mon humble chaumière
Il faut partir au plus tôt.